En paix avec soi même
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En dépit des fantasmes des uns et des autres sur ce sujet, il nous faut bien souvent travailler pour gagner notre vie, avoir une vie sociale et / ou familiale si le Maitre en éprouve le besoin et bien entendu, profiter de la vie, de ses projets, de ses évolutions et pouvoir faire face aux changements.

Il est clair à ce titre que le dressage d’une novice implique un partage honnête de ses fantasmes et de ses désirs d’esclavages.

Si son désir d’esclavage est lié au besoin d’être prise en main afin que quelqu’un s’occupe d’elle, il sera meilleur pour elle de ne pas poursuivre le dressage.

L’esclave bénéficie de l’attention de son Maitre dans la mesure où Il met tout en œuvre pour lui permettre d’accomplir sa vie : servir son Maitre de tout son être, libre d’elle même dans l’obéissance et l’esclavage.

Ce n’est pas le Maitre qui prends soin de l’esclave mais bien l’inverse. Les novices, ou celles qui fantasment une vie de servitude volontaire ont tôt fait de constater que servir ce n’est pas être servi.

Et ce en dépit des attentions prodiguées par le Maitre pour garantir à son esclave la paix dont Il a besoin pour être servi comme Il le mérite.

Les choses vont sans dire mais cela va mieux en le disant : le signe d’une relation durable et équilibrée est la paix intérieure qu’elle suscite en soi. Et ceci est valable pour le Maitre comme pour l’esclave.

Parmi les vérités du Maitre le calme, au delà de l’évidente maîtrise de soi, est un des aspects majeurs de son aptitude à dresser son esclave. Un Maitre colérique n’est pas un Maitre, cela fait partie des signes qui doivent permettre à la novice de ne pas concrétiser une relation durable conçue pour évoluer vers la permanence d’un engagement à la mesure d’une vie par exemple. En clair, méfiez vous d'un maitre colérique : qui se montre aussi peu Maitre de lui même ne peut prétendre à être Maitre d'une esclave aussi docile soit elle...

Sachant que la colère, qui est une des cinq émotions naturelles de l’humain, n’est pas néfaste en soi. Elle signe le refus du Maitre qui l’exprimera de la manière qu’il jugera approprié. Que cette colère témoigne d’une rage de type colérique, montre uniquement le besoin de la personne de régler quelque chose d’ancien en lui. Et ce n’est certainement pas seul avec son esclave qu’il pourra intervenir en lui même dans ce domaine.

La colère signe le refus de quelque chose. Si ce qui est refusé est dans le présent, la correction permettra de progresser, si la correction ou la punition ne permette pas de progresser le Maitre devra remettre en question ce qu’il refuse afin de faire la part des choses : ce qui vient de l’esclave et ce qui vient de lui.

In fine c’est toujours la responsabilité du Maitre qui est engagé même face à une esclave rebelle qui n’a besoin souvent que de fermeté pour être unifiée et librement obéissante : en paix à sa place.

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La paix n’empêche ni l’action et encore moins la création. La vie est changement et il est clair qu’au fil du temps des évolutions se dessinent, des perturbations apparaissent, la relation M/s n’est pas un refuge à l’écart du monde.

Un Maitre qui ne peut faire face à une perte d’emploi par exemple aura beaucoup de difficultés à garantir la sécurité émotionnelle et matérielle de son esclave. Faire face à l’adversité dans le calme n’est pas réservé aux moments de résistances que le dressage transforme en liberté. Faire face est une confiance en soi et en l’autre. Ainsi dans les difficultés le Maitre sait protéger son esclave comme il sait l’utiliser afin de contribuer à transformer ces difficultés en opportunités de vies.

Savoir compter sur soi, ne pas rendre responsable les autres ou les circonstances des difficultés ou des épreuves que la vie nous apporte quelque fois est aussi la marque de la maitrise. La vie est changement, le Maitre comme l’esclave le savent eux qui créent au quotidien la durée de leur engagement au fil des changements de la vie, changement de lieu de vie, perte, gain, accident, héritage, naissance, décès, voyage, découverte, activités, projets, vacances, maladies, succès ou échecs…

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Tout ceci se vit ensemble, l’esclave au service du Maitre, le Maitre aux cotés de l’esclave. Et ceci est exprimé d’un point de vue monogame dans le cadre d’une relation inscrite dans les standards courants de la société occidentale d’un Maitre et de son esclave évoluant parmi ce que l’on appelle la classe moyenne. Il existe bien entendu une foule de situations différentes parmi la variété des cultures comme des fortunes du monde actuel. Et ce n’est pas un talent ponctuel, ni une marque authentique de maitrise. J’en profite pour citer une phrase de Lincoln que J’aime beaucoup : « Quasiment tous les hommes sont aptes à faire face à l’adversité, mais si vous voulez connaître vraiment la valeur d’un homme, donnez lui le pouvoir ».

L’esclave doit elle travailler ? est une question dont la réponse appartient au Maitre. Si le Maitre juge qu’elle en a besoin (et par là même qu’Il en a besoin) ou s’il juge que les revenus ainsi générés sont utiles, alors l’esclave travaillera. Certains Maitres peuvent tirer l’essentiel de leur revenu du travail de leur esclave ou de leurs esclaves s’Ils en possèdent plusieurs. Dans d’autres cas, le Maitre subvient totalement aux besoins financiers du couple ou du groupe d’esclave. Ceci peut s’avérer changeant au fil de la vie qui passe. C’est bien l’engagement responsable du Maitre et le service de son esclave qui assurent la pérennité comme la stabilité de la ou des relations.


Selon les talents de son esclave, le Maitre saura les adapter à ses besoins comme aux besoins de la relation. Il saura avec les outils adaptés les façonner, les orienter afin de modeler son esclave dans une perspective durable d’harmonie constructive de paix et de création.

Finalement il importe peu que ce soit le Maitre ou l’esclave ou bien les deux qui assurent la solidité et la stabilité économique de la relation puisque l’engagement de l’Un envers l’autre est de nature relationnelle.

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Bien trop de couples dit « traditionnels » font de leur revenu un enjeu relationnel, tel n’est pas le cas dans une relation Maitre/esclave. Oui, nous sommes loin d’une relation de type machiste qui, outre de faire une généralité stupide d’une soi disant supériorité de l’homme sur la femme, exige que l’homme gagne plus de revenus que la femme. Voir à ce sujet les disparités de salaire de notre monde ou les amendes payés par nos partis politiques pour ne pas donner plus de postes à responsabilité aux femmes…

J’aime bien à ce titre la petite phrase qui affirme « les femmes qui militent pour être l’égal de l’homme manquent cruellement d’ambitions…. ». Enfin il existe autant de couples Maitre/esclaves femelles que de couple Maitresse / esclave males : la nature de chacun Maitre ou esclave n’est pas une question de genre sexuel mais bien de conscience de soi et de notre aptitude à vivre en accord avec soi même.