En paix avec soi même

Il peut sembler facile à priori de briser une esclave, cependant c’est beaucoup moins simple qu’il y paraît.

Il n’en est pas moins délicat de lui offrir de se reconstruire, de re-naitre à elle même lavée de toute la boue normative dont elle a été couverte depuis des années avant son choix. Libérer l'esclave de toutes ces idées traditionnelles sur elle même et son rôle qu'elle a accumulée depuis son enfance est un chemin long et souvent difficile.

Naitre à elle même, choyée, embellie par la confiance et la soin respectueux du Propriétaire est l'enjeu du dressage. Toutes ces choses faites au bénéfice du Maitre au travers le modelage de l'esclave.

Si le Maitre a choisi de jouir de la mélancolie magnifique d’une esclave longuement martyrisée Il saura aussi déployer des trésors de tendresse, de confiance et de calme pour lui permettre de vivre la paix qu’Il mérite. Cette esclave gardera au fond des yeux cet éclat si particulier d’un abandon ouvert et permanent libre de désir et sans autre avis que d’être là, en paix, à sa place telle que le Maitre le souhaite.

La fierté du Maitre est une source inépuisable de paix pour l’esclave.

Enfin il peut arriver qu’une esclave se brise ou semble se briser sans que le Maitre le souhaite. Par erreur ou par une vaine tentative de récupérer une parcelle du pouvoir transféré entièrement au Maitre. Si l’esclave ne cherche pas à récupérer une partie du pouvoir sur elle même, si elle déraille complètement, il importe que le Maitre ne soit pas seul et ne la laisse pas seule.

A ce stade on ne peut pas rebrousser chemin, l’esclave brisée aura de toute façon à naitre à elle même, et ce quelque soit la durée nécessaire à cet accomplissement.

Un emploi du temps régulier et tenu au millimètre comme le cercle vertueux des récompenses et des punitions sont très efficaces dans ces moments là qui doivent être suivis avec beaucoup d’attention et de finesse.

Quelque fois, en fonction des circonstances, d’autres esclaves et d’autres Maitres peuvent par leur simple présence aider à cette parturition. D’où, encore une fois, au risque de me répéter, la nécessité pour les couples M/s de se connaître et de se rencontrer.

Personne n’est encore parvenu à empêcher les gens d’abandonner leur chien sur la route des vacances ou bien à partir en mer avec une simple carte routière sans consulter la météo.

Des gens dangereux par bêtise, ignorance ou inconséquence, il y en a plein, au service des urgences comme à la morgue. C’est bien l’une des raisons pour laquelle il importe d’insister sur la prudence, la patience et le consentement clairement formulé.

Le consentement n’est pas une question de maturité ou de quelconque aptitude intellectuelle, c’est une question de clarté, de sincérité et d‘authenticité.

La relation est inégale par nature : le Maitre est propriétaire de son esclave. Il la dresse, la libère d’elle même et de ce qu’elle pensait être et l’entretient. Il la fait progresser pour son unique plaisir de Maitre. L’esclave consent à servir, à se laisser manipuler, conditionner afin d'obéir spontanément totalement, le Maitre s’engage à la dresser, à l’épanouir pour Lui et à la protéger pour s'en servir durablement.

Le consentement partagé, qui signe l’engagement, ne tolère ni mensonges ni zone d’ombres. Tout est dit et chacun sait ce qu’induit le consentement. Eclairé signifie sans zones d’ombres.

Un « Maitre » fait preuve de légèreté et d’impatience si par exemple il propose un contrat qui ne mentionne pas ses engagements à lui, ses devoirs en quelque sorte.

Un Maitre qui considère que sa responsabilité est à géométrie variable (je m’occupe de toi quand tu m’excites mais pas quand tu pleures de te sentir grosse et moche par exemple) peut rapidement devenir un homme dangereux sans même le vouloir… Comme celui qui vous emmène en mer sans lire la météo ou qui rentre de soirée en voiture ivre mort. Ce sont là des personnes à fuir absolument.

La loi est très claire au sujet du consentement, même dans les affaires de couples qui jouent avec le sado masochisme ou les couples Maitres / esclaves. Les médecins, pompiers et urgentistes savent bien distinguer les marques de coups consentis des coups non consentis (marques sur les bras en réflexe de défense par exemple, ampleur et intensité…).

Il est tout aussi clair que les esclaves novices et matures comme les Maitres demeurent des citoyens de la République et que ceci est un fait inaliénable et inaltérable.

Une esclave, comme un Maitre à fondamentalement la possibilité de rompre l’engagement quand elle/Il le souhaite au pire, au mieux au terme d’une période définie. Dans le cadre d’une relation bien conduite et bien construite l’esclave, une fois son collier posé, ne peut plus imaginer s’en aller. Il faut être conscient que pour parvenir à cette maturité, la relation est confiante et bien assurée. Elle peut être vendue, échangée ou prêtée mais elle demeure ce qu’elle est : une esclave faite pour servir et pour obéir.

Cela dit, l’aptitude au refus demeure. Un Maitre qui retient ou vend son esclave sans son consentement s’expose à des problèmes en tout genre. De fait, quiconque impose quoi que ce soit à autrui sans son consentement s’expose à des poursuites. Le tout étant entendu que l’activité sexuelle n’est permise qu’à partir de 18 ans. La loi des sociétés de la peur et de la surveillance régit la sexualité des adolescents par l’interdiction pure et simple.

La question économique est un domaine qui pèse de tout son poids. Les Maitres qui ont plusieurs esclaves le savent bien : Ils en ont les moyens financiers ou alors elles ont toutes un travail à temps plein.

Certes une esclave n’a pas besoin de beaucoup de chose et n’ira jamais faire chauffer la carte bleue de son Maitre parce qu’elle se sent moche ou pas dans son assiette.

Cela dit, l’esclave mange, s’habille un peu, entretient son corps et dans la plupart des cas son esprit. Ce peut être une évidence : un Maitre qui n’assure pas son indépendance financière ne peut pas dresser une esclave… Cependant, la vie est pleine de surprise et il y a forcément des exceptions parmi lesquelles des situations où c’est l’esclave qui travaille et pas le Maitre...

La liberté d’être soi et de vivre comme le Maitre l’exige demeure souveraine en toute circonstances.

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