En paix avec soi même

Le dressage d’une novice vise essentiellement à effacer le plus précisément possible toute aptitude à décider pour elle même par elle même en ne préservant que la sécurité de ses besoins fondamentaux.

Cette esclave ne vivra plus que pour le plaisir de son Maitre affirmé avec une main de fer dans un gant de velours et une main de velours dans un gant de fer.

L’esclave novice devient souvent fragile dans les semaines de son dressage, un peu comme le crustacé qui pour grandir doit quitter sa carapace. Afin de laisser la nouvelle carapace se durcir, il doit vivre à l’abri pour protéger sa grande fragilité. C’est ainsi que la novice nécessite beaucoup d’attention, devient hyper sensible et très dépendante. Elle vit le plus souvent nue, avec juste ses chaussures, et ne peut plus agir sans l’accord de son Maitre. Elle jouit de son calme en se récitant dans les périodes d’inactivité. Lorsqu’elle est utilisée intensément les périodes de repos sont à respecter absolument.

Dans ces périodes d’hyper sensibilité, la novice peut ressentir une grande peur de mal servir, elle peut également se ressentir inapte au service ou juger son aptitude à servir assez médiocre.

Ceci demeure un bon point d’appui pour lui rappeler que seul son Maitre est à même de la juger et de juger de sa qualité de service. De la même manière qu’elle ne peut se valoriser, elle ne peut pas se dévaloriser. Ce serait une offense faite à son Maitre que de juger de la qualité de ce qui lui appartient.

C’est généralement un bon signe de progression que l’ego de la novice cherche encore à se manifester avant de disparaître en la trompant sur sa capacité à se juger.

Dans ces semaines de dressage il y a des périodes où elle demande la permission pour tout, manger, boire, se déplacer, pisser, entrer, sortir, parler, lire, s’allonger… Lorsque le Maitre la constate pleinement dépendante, apte à passer du temps à se réciter longuement dans une position confortable il peut commencer à lui apprendre à entretenir sa propriété dans les domaines qu’il choisi.

C’est véritablement dans ces semaines que le Maitre modèle son esclave comme il le souhaite en lui permettant d’intégrer définitivement sa capacité d’initiative d’esclave n’agissant que pour son Maitre. L’esclave, dans ces moments là, peut avoir tendance à s’oublier complètement. Elle pourra dans certains cas même montrer des troubles de la mémoire ou des difficultés de formulation ou d’élocution. Ces états, quelques fois surprenants, sont d’excellents points de repère de la bonne progression du dressage.

Le Maitre doit savoir l’en féliciter, la rassurer et lui permettre de vivre pleinement dans son présent d’esclave sans autre préoccupation que celle d’être pleinement asservie à son Maitre. Les menus gestes du quotidien seront réappris simplement un à un. Quelquefois l’esclave perd en cohérence ce qu’elle gagne en paix et en obéissance. Des tics de comportements peuvent apparaître, des difficultés à s’exprimer logiquement aussi.

Le Maitre saura rester concentré sur le bon usage de son esclave et la permanence de son dressage. Une esclave dépersonnalisée même totalement inapte à la conversation peut se révéler très agréable à vivre au quotidien.


Dans la mesure où son Maitre l’entretient régulièrement afin qu’elle puisse au minimum prendre soin de son corps, elle peut servir en toutes circonstances sans autre mot que le traditionnel merci lorsqu’elle est félicitée ou utilisée.

Il est bon de savoir que dans ces périodes une absence prolongée du Maitre est extrêmement néfaste. Il lui faut être présent et ne pas manquer une occasion de lui faire prendre conscience de l’importance qu’elle a d’entretenir correctement son corps pour plaire à son Maitre.

Dans le cas d’une esclave bien dépersonnalisée il est possible que son Maitre doivent lui apprendre à tenir un sourire pour la beauté de son visage disponible. Ce sourire vide se révêle d’une grande beauté pour celui qui sait en apprécier la nature.

Un dressage intense et bien mené durant de longues semaines permet à l’esclave de perdre le sens de sa relation à elle même pour elle même. Enfin dressée, elle n’agit plus que pour plaire, servir et entretenir le corps que son Maitre utilise. Elle se ressent telle qu’elle est : esclave femelle, vulnérable, obéissante, protégée et accompagnée, libre d’elle même et de tout jugement autre que celui de son Maitre.

C’est donc avec beaucoup de doigté et de persévérance que le Maitre prends soin chaque jour d’effacer définitivement toute aptitude à l’estime de soi de son esclave afin de lui offrir de vivre en paix en elle même au service de son Maitre.

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Les novices passent quelquefois par des phases de dépression ou de rejet d’elle même. Il est juste de mettre ces moments en perspective afin de permettre à l’esclave de se recentrer dans le sens de la relation durable et construite voulue par le Maitre.

L’avis que l’esclave a d’elle même n’est pas elle même, ce n’est que son avis. Dans la mesure où il n’est d’aucune réalité envers l’équilibre de l’esclavage et de l’engagement, cet avis n’a aucune valeur.

C’est bien ce déplacement de l’avis (l’idée que l’on se fait de soi) à la réalité (ce que nous sommes dans le présent) qui est engendré et appliqué par la relation.

Il est bon de savoir que le désir de servir d’une esclave dans ces moments de découverte et de construction de soi peut se retourner contre elle même. Dans ces cas là, elle se juge inapte, souvent profondément insatisfaite avec une très mauvaise image d’elle même.

Ce sont là des choses que le Maitre ressent ou découvre en lisant son carnet d’esclave. Ce carnet est souvent l’un des premiers cadeaux du Maitre à son esclave. Elle y consigne ses réflexions au jour le jour, les progrès de son esclavage et ses pensées.

Il peut aussi simplement la questionner sur ce qu’elle ressent à l’égard d’elle même. Selon les circonstances elle pourra être punie mais dans tous les cas le Maitre saura la rassurer en lui témoignant de l’affection, des encouragements et en affirmant combien lui est confiant et heureux de disposer d’une esclave qui progresse ainsi.

Il lui faut la libérer de ce qu’elle pense d’elle même. elle sait que seul l’avis de son Maitre compte, elle sait qu’elle ne peut pas se déjuger parce que c’est déjuger ce qui appartient à son Maitre et ceci ne peut avoir lieu.

Elle mérite la paix de savoir que son Maitre la regarde, prend plaisir à la voir grandir sous sa direction et qu’Il la protège et la dresse pour longtemps. Dans ces périodes de doute l’intensité du dressage va de pair avec la tendresse que le Maitre sait montrer lorsqu’il est satisfait.

Passé ces moments de doutes, elle devient alors au fil du temps, calme, paisible, confiante et sans questions. Il la garde ainsi plusieurs semaines sans relâcher la constance du dressage en cours. Alors le temps est sans doute venu de lui passer son collier et, si le Maitre le souhaite, de la marquer.

Elle formulera ses vœux d’esclave lors de la remise du collier. Ces moments sont très beaux après les périodes quelquefois difficiles ou en dents de scie du dressage initial.

Le Maitre dans sa paix, saura mettre en perspective les moments difficiles passés, montrer combien le chemin, même long et délicat, en valait la peine. Certaines esclaves, remarquées par leur entourage, ont du rompre avec leurs « amis » voire leur « famille » afin de vivre en paix aux pieds de leur Maitre.

Celles qui en témoignent ne regrettent en rien la vie de liberté et d’authenticité que leur permet l’esclavage consensuel. Nous pouvons les comprendre aisément tant le jeu de l’apparence sociale, liés à des morales minables qui ne servent que la honte, la manipulation ou la représentation sociales au service de ceux qui exploitent sont présents partout.

Le monde peut être détestable jusque dans les familles où rien ne se dit malgré les enjeux quelque fois dramatiques que chacun sait en les taisant. Ce n’est pas la méchanceté de quelques uns qui ruine le monde, c’est la lâcheté et l’absence d’imagination de ceux qui savent et ne font rien.

Cela dit, la voie de l’esclavage consensuelle, dégagée des fantasmes, dans le véritable engagement d’être soi n’est pas l’unique voie de la sincérité et de l’authenticité, loin s’en faut ! Et des familles heureuses et respectueuses des choix de chacun et de chacune existent depuis la nuit des temps, et heureusement !

La voie de l’esclavage et de la responsabilité est sincère et authentique uniquement pour celles et ceux qui se sentent profondément attirés par cette voie, un point c’est tout.

Le monde ne manque pas de domaines où l’engagement d’être soi produit de la lumière. Ce n’est pas réservé aux seuls amateurs de relations alternatives.

C’est donc bien une vie de sincérité et d’authenticité que se prépare l’esclave qui rejoint son Maitre comme le Maitre qui accepte l’engagement de la dresser. Au fil du temps l’esclave mature, en paix avec elle même, agit uniquement pour épanouir son la vie de son propriétaire.

L’harmonie produite demeure et s’épanouit durablement. Les besoins de l’esclave sont garantis, sécurité, santé, reconnaissance et création, comme ceux du Maitre, discipline, autorité et paix leur offrent de dérouler leur vie comme Il le mérite, comme Il le souhaite. Ce tout est dynamique : voyage, maison, entreprises, études, rencontres, familles, chaque chose occupant la place choisie par le Maitre selon son désir.

Et la vie étant pleine de surprise par nature, le Maitre demeure cependant prudent et prévoyant.

C’est dans la période de fin de noviciat que le Maitre montre et assume pleinement sa confiance. l’esclave, fragile et sensible du fait de la dépersonnalisation en cours se sentira sécurisée, pleinement protégée par son Maitre. Outre de l’en féliciter, Il saura lui confirmer sa valeur d’esclave en voie d’accomplissement, en voie de naitre enfin à elle même.

C’est dans ces moments d’une grande beauté que le Maitre, sans s’en griser, saura encourager son esclave à développer avec beaucoup de délicatesse les talents qu’il mérite.



Telle esclave, tel Maitre. Au Maitre grossier l’esclave grossière, au Maitre subtil l’esclave subtile…

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