En paix avec soi même
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L’esclave a beau appartenir totalement c’est elle qui vit dans ce corps qui appartient au Maitre et ni elle ni le Maitre ne doivent l’oublier. C’est bien au Maitre de questionner son esclave sur ce qu’elle ressent de son corps, de toujours laisser l’espace indispensable à l’expression de ce qu’elle ressent. Ceci peut se révèler particulièrement utile lors du premier jour des règles par exemple, lorsque le corps (et la lune) impose sa loi. Une esclave irritée sera malheureuse de ne pouvoir servir correctement son Maitre. Conscient, son Maitre saura la rassurer, la calmer afin de lui permettre de traverser ces moments sans encombres.

Qui veut voyager loin ménage sa monture nous dit le proverbe populaire… Il ne viendrait à l’esprit de personne, ayant constaté un manque d’huile moteur au tableau de bord de sa voiture de poursuivre son voyage sans s’arrêter pour en ajouter et vérifier ce qui ne va pas… Dans ce monde où quelques fois (souvent) les machines sont mieux traitées que les humains il est toujours bon de remettre les choses à la place de leur juste valeur particulièrement dans l’espace de la relation. Certes la métaphore est triviale, elle n’a pour but que de marquer l’importance de la vigilance des premiers mois au moment où les réflexes de communication sont acquis.

J’ai eu, pour Ma part une esclave qui devenait irritable en état de fatigue. J’ai pu constater que les punitions corporelles ajoutaient de la fatigue à la fatigue et ne faisait que renforcer son sentiment de mal faire, de mal servir… Tout en la dominant fermement, J’ai accru ma vigilance… Aux premiers signes de fatigue J’ai pris soin de l’utiliser doucement afin de lui permettre de constater son aptitude à servir même fatiguée puis à lui ordonner le repos.

Il est très important pour le Maitre de tempérer l’insatisfaction de sa novice. Le désir de servir d’une jeune esclave peut se révéler le point d’appui de l’ego menacé par les progrès du dressage.

Cela fait partie de l’anéantissement de l’ego, de cette liberté offerte par l’obéissance sans efforts, que de permettre à l’esclave de se libérer des jugements qu’elle porte encore sur son aptitude à servir. Le Maitre aura plaisir à constater combien ce désir de servir peut trouver sa juste place sous sa direction. Lui seul est à même de juger de la qualité du service, des nécessités de progrès ou de l’appréciation simple de son esclave épanouie.

Il est bon pour l’esclave d’être félicitée, comme il est bon d’être punie même si en ce conseil deux extrêmes sont réunis par leur raison d’être : le bien être dynamique de l’un et de l’autre.

Le Maitre contribue à permettre à son esclave de lâcher prise sur elle même…. Dans la plupart des cas, celle ci a fait l’objet du conditionnement standard de nos sociétés judéo chrétienne : peur de mal faire, culpabilité, rejet de ses propres qualités, esprit de sacrifice, peur du plaisir et de l’abandon. Par la répétition, la prise de conscience de sa nature d’esclave, la confirmation de la paix émotionnelle née du lâcher prise, par la liberté de parole au sujet des traumatismes de l’enfance recueillis par son Maitre, la jeune esclave se libère de tout ce qui n’est pas elle.

Le temps est venu, à l’occasion de l’esclavage, de constater que toutes les barrières, toutes les limites imposées souvent à notre insu par l’éducation et la société ne sont plus d’aucune utilité. Ces limites, ces points de vues rétrécis sur la position de soi dans le monde ont pu protéger l’esclave lors des premières périodes de sa vie. Cependant, et du fait de l’engagement profond de l’un envers l’autre, ces limitations n’a plus lieu d’être. La sécurité, l’obéissance rendent caduque le besoin de protection sociale nécessaire à la vie ignorante d’elle même.

C’est bien la vie, dans sa nature immédiate et confiante, qui se joue dans le plaisir d’être de l’esclave comme du Maitre : la confiance instantanée de l’esclave obéissante comme la confiance immédiate du Maitre qui sait l’esclave à ses cotés pour le servir.

Le temps est là pour, étrangement et mystérieusement faire son travail : c’est bien dans la confiance affirmée des heures et des jours que le lien se tisse et que l’Un comme l’autre se révèle à lui même en soi même tel que chacun se sent être. Une esclave en paix aux pieds de son Maitre lui apporte la paix d’être Lui même. Les deux ou les trois, si les esclaves sont deux, contribuent à cette alchimie de la vie qui est la source de toute choses.

C’est bien de la paix que peut naitre la création sous toutes ses formes. La nature de cette paix est un phénomène extrêmement subtil à apprécier. De même que l’amateur de musique baroque saura jouir de l’interprétation d’une œuvre par tel chef d’orchestre plutôt que tel autre, le Maitre comme l’esclave peuvent développer le talent d’apprécier la paix entre eux de manière extrêmement subtile.

Une esclave durablement et régulièrement martyrisée exprimera, dans sa seule présence, une paix ouverte fort différente d’une esclave non masochiste parfaitement disponible. Son calme, son abandon intérieur et sa joie de vivre seront ressentis de manière différente. Rien ne permet d’affirmer que tel type de dressage ou tel autre est supérieur ou de meilleure qualité dans la mesure où seule la satisfaction des désirs du Maitre est en jeu.

Le Maitre n’est plus un enfant et ses désirs ne sont pas ceux du proverbe chinois : « les désirs sont comme les enfants plus on leur cède plus ils deviennent exigeants ». Ses désirs sont des désirs de vie, d’équilibre, de paix et de pérennité. Chacun de ses désirs, même les plus concrets, pouvoir utiliser la bouche de son esclave en pénétration profonde par exemple, peuvent être reliés à ces désirs d’harmonie, de paix durable qui font partie de sa vision.

Dresser son esclave en animal de compagnie aux attributs sexuels féminins visibles et offerts, pouvoir la prêter et en disposer librement est un plaisir qui s’affirme par l’usage quotidien dans la paix exigeante de la relation.

La visibilité de l’esclavage est le choix du maitre. Un Maitre sadique adorera sortir avec son esclave vêtue d’un large décolleté si ses seins sont marqués des coups qu’Il lui a offert.

Cela dit, les couples Maitres esclaves qui vivent en France, à l’inverse des anglo-saxons par exemple, préféreront ne pas afficher la nature de leur lien.

Le confort social est une source de paix et la relation Maitre esclave est un choix qui procède de la paix.

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