En paix avec soi même

Un Maitre n’est pas une machine. Il a comme chacun droit à l’erreur et à la maladresse. Si l’esclave est punie lors du dressage ou au fil de la vie il est bon de savoir que le Maitre aussi paye ses erreurs.

Maladresses et erreurs font parties du chemin, particulièrement au début lors du noviciat, cette période où l’esclave comme le Maitre peuvent rompre l’engagement avec aisance. Pour faire simple, l’esclave sujette aux erreurs et aux maladresses lors de son noviciat sera punie pour cela, c’est une partie essentielle du dressage.

Le Maitre pour sa part aura à faire preuve d’une grande prudence dans la période qui suit la fin de noviciat de son esclave. Dans le confort et la satisfaction il existe un risque d’erreurs important par manque de vigilance, de relâchement de l’autorité ou à l’inverse un excès d’autorité.

La période qui suit le noviciat est souvent une période délicate. Plus rien n’est à prouver : chacun est libre en lui même d’être pleinement lui même, le rythme change. Les punitions sont de plus en plus rares, les rituels ont changé et le flot des évènements de la vie se fait plus présent.

La majeure partie des couples Maitres/esclaves qui échouent le font à ce moment là dans la période d’un à deux ans après la pose du collier. En dépit des apparences, c’est toujours la responsabilité du Maitre qui est engagé.

La patience est souvent l’une des premières expressions de la discipline du Maitre. Patience à l’égard des progrès que fait sa novice, patience à l’égard de ses propres désirs lorsqu’Il sait qu’ils seront pleinement satisfaits vers la fin du dressage.

Une phrase toute faite affirme non sans raison qu’il faut savoir être un bon esclave pour être un bon Maitre. Autant cette phrase est juste à l ‘égard des rôles sociaux que nous impose la société libérale (et encore elle sert encore le fantasme sur-représenté d’une organisation équitable), autant elle se révèle inadaptée dans le contexte de la relation M/s tel que nous le discutons ici.

Ce ne sont pas des rôles dont nous parlons ici mais de nature de soi et de son expression dans la perspective d’une relation durable et harmonieuse : épanouissante par nature. Durablement épanouissante dans la mesure où l’épanouissement du Maitre est la condition de celui de l’esclave.

Le Maitre, jeune Maitre novice, doit faire face à deux obstacles majeurs après avoir formuler son engagement et recueilli le consentement de sa future esclave. Deux traits de sa personnalité qui, s’ils ne sont pas cultivés soigneusement, peuvent se révéler de vrais obstacles : la patience (son auto-discipline) et le discernement des besoins de son esclave.

Avec la patience s’exprime la robustesse et la profondeur de son engagement, avec le discernement s’exprime l’intelligence de son dressage. C’est bien en discernant les qualités et les défauts de son esclave (autant que les siens bien entendu) qu’Il pourra en déterminer le potentiel afin de la modeler finement à ses désirs, à sa vision du service dans lequel elle s’épanouira pour Lui.

Les désirs du Maitre sont comme toutes choses en ce monde appelés à évoluer même doucement. Avec le dressage la malléabilité de l’esclave accomplie lui permet d’évoluer et de progresser au fil de la maturité du Maitre.

Il n’y a rien de statique lorsque l’on parle de relations humaines construites sur le long terme. Contrairement aux relations « traditionnelles » appelées vanille dans le monde des relations M/s il est très rare qu’une relation cesse parce que chacun évolue sur une route différente.

Ici la route est celle tracée par le Maitre, ainsi l’esclave mature obéit dans la joie simple et la liberté qui la caractérise c’est à dire dénué de volonté propre autre que celle de satisfaire son Maitre en toutes circonstances.

Avec la patience vient la souplesse, cette souplesse confiante qui donne à la fermeté toute sa valeur. Celle qui permet à la discipline d’être épanouissement et non enfermement, d’être créative et non mortifère.

C’est bien par la souplesse que le Maitre impose à son esclave la régularité des rituels qui encadrent son développement et qui lui permettront plus tard d’accomplir des tâches créatives de longue haleine par exemple.

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