En paix avec soi même
Stacks Image 528

Dresser l’esprit de l’esclave avec son corps et dresser le corps de l’esclave avec son esprit. Voilà les deux faces du noviciat comme de l’entretien de l’esclave mature.

A chaque Maitre d’organiser, en fonction de ses souhaits, de son plaisir et de sa vision les temps réservés au corps comme à l’esprit… La vision du Maitre est le guide de la relation. La vision est cette aptitude particulière de percevoir l’avenir dans le présent. Mettre en perspective la nature de l’esclave accomplie au travers des instants présents est une part essentielle du dressage.

L’esclave, martyrisée ou pas, y trouvera la justesse et la légitimité de sa paix intérieure, les raisons et la joie profonde de son appartenance à son Maitre.


Un Maitre n’est pas celui qui possède le plus d’esclave mais bien celui qui forme le plus de Maitres. Un Maitre mature, par son expérience, les qualités de son ou de ses esclaves, est à même de permettre aux jeunes Maitres de progresser dans la paix, la mesure, l’écoute, le respect et le temps. C’est souvent à ces conditions que le Maitre révèle sa maturité.

Les étapes du dressage visent dans les premiers temps à déposséder l’esclave d’elle même afin d’en transférer la propriété au Maitre. Au premier rang de ce qui caractérise la personnalité de l’esclave git son désir. Certes son premier désir, comme tout un chacun, est son désir de vivre. Primordial et infiniment précieux comme pour chacun d’entre nous.

Vient ensuite la kyrielle de désirs plus ou moins conditionnés ou pré-conditionné par la culture, l’éducation et les expériences dont elle a bénéficié. Ces désirs servent généralement à permettre à l’être de satisfaire ses besoins plus ou moins réels selon le degré d’imprégnation de la société de consommation dont le discours normatif ne s’arrête jamais.

Pour une esclave, le dressage confirmera la vacuité de ces désirs en satisfaisant ses besoins et en unifiant son désir de servir et d’obéir à son désir de vivre. L’ensemble des désirs qui permettent l’entretien de l’esclave, santé, beauté, culture, endurance sont reliés à son désir de servir, de vivre en paix dans la vérité de sa nature profonde enfin reconnue et cultivée.
La sempiternelle question francophone de la différence entre une soumise et une esclave ne sera jamais tranchée (par qui et pourquoi ?) et c’est tant mieux. Une esclave n’est pas une soumise. Une soumise se soumet par gout au dominant de son choix avec plus ou moins de sincérité ou d’esprit de jeu.

Le dominant dans ce cas intervient peu sur sa personnalité. Il laisse l’ego de la soumise diriger sa vie pour elle même, il accepte de faire avec. L’esclave pour sa part fait l’objet d’un dressage dont l’objectif principal est de la libérer de sa capacité d’initiative personnelle, de la faire renaitre à elle même telle qu’elle est : esclave faite pour servir et obéir.

En utilisant des méthodes d’amélioration psychologiques et corporelles le Maitre permet à son esclave de faire grandir son désir de vivre en désir de servir. Ceci est une œuvre de longue haleine, de six mois à deux ans selon le profil de l’esclave et les circonstances.